Le konjac (Amorphophallus konjac) : la plante derrière le glucomannane
L'équipe MarlaRédigé par Équipe éditoriale Marla
Mis à jour le 17 July 2026
Le konjac (Amorphophallus konjac) est une plante vivace de la famille des aracées, cultivée en Asie de l'Est et du Sud-Est. Son gros tubercule souterrain, appelé cormus, concentre le glucomannane, une fibre soluble très visqueuse. Séché et purifié en farine, il sert depuis des siècles à préparer le konnyaku et les nouilles shirataki.
Amorphophallus konjac : une plante de la famille des aracées
Le konjac, de son nom scientifique Amorphophallus konjac (synonyme Amorphophallus rivieri), est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des aracées (Araceae) — la même que celle de l'arum, du philodendron ou du taro. Comme la plupart des aracées, il produit une inflorescence typique, faite d'un spadice dressé entouré d'une spathe, ainsi qu'une unique et large feuille très découpée, portée par un long pétiole tacheté que l'on confond souvent avec une tige.
Le genre Amorphophallus rassemble plusieurs centaines d'espèces tropicales et subtropicales, parmi lesquelles le spectaculaire arum titan (Amorphophallus titanum), célèbre pour sa fleur géante à l'odeur nauséabonde. Le konjac, bien plus discret, est avant tout cultivé pour son volumineux organe de réserve souterrain : ce que l'on appelle communément son tubercule est, en botanique, un cormus — une tige souterraine renflée servant à stocker l'eau et les glucides.
| Caractéristique | Konjac |
|---|---|
| Nom scientifique | Amorphophallus konjac (syn. A. rivieri) |
| Famille | Aracées (Araceae) |
| Noms communs | Konjac, konjaku, langue du diable |
| Origine | Asie de l'Est et du Sud-Est |
| Organe de réserve | Tubercule souterrain (cormus) |
| Composé caractéristique | Glucomannane (fibre soluble) |
| Additif alimentaire | Gomme de konjac (E425) |
Origine et culture du konjac en Asie
Le konjac est originaire d'Asie, où il pousse à l'état sauvage et cultivé depuis des siècles. On le rencontre en Chine, au Japon, en Corée, ainsi que dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est comme le Myanmar, le Vietnam et l'Indonésie. La Chine en est aujourd'hui le premier producteur mondial, tandis que le Japon reste la référence historique pour sa transformation alimentaire, en particulier la préfecture de Gunma, cœur de la production japonaise.
La plante apprécie les climats chauds et humides, les sols bien drainés et une lumière tamisée : on la cultive volontiers sous ombrage léger. Le cycle est long. Chaque année, la partie aérienne se dessèche et le cormus entre en dormance, puis repart à la saison suivante en grossissant. Il faut généralement deux à trois ans pour que le tubercule atteigne une taille suffisante — plusieurs centaines de grammes, parfois plusieurs kilos — avant d'être récolté à l'automne. C'est ce cormus mûr, riche en glucomannane, qui sert de matière première.
Le konnyaku et les nouilles shirataki : des usages ancestraux
En Asie de l'Est, le konjac est un aliment à part entière depuis plus de mille ans. Au Japon, on le transforme en konnyaku, une préparation gélifiée ferme obtenue en mélangeant la farine de konjac à de l'eau, puis en ajoutant un agent coagulant alcalin — traditionnellement de l'eau de chaux (hydroxyde de calcium). Ce gel, presque sans goût, se présente en blocs que l'on cuisine mijotés, grillés ou en fondue japonaise (oden).
Le même principe donne les célèbres nouilles shirataki, dont le nom signifie « cascade blanche » en japonais. Étirées en fins filaments translucides, elles accompagnent soupes et sautés. Konnyaku et shirataki partagent une particularité remarquable : composés à plus de 95 % d'eau et de fibre indigestible, ils sont extrêmement pauvres en calories, ce qui explique leur popularité dans les cuisines allégées. Pour comprendre pourquoi, consultez notre article sur les calories des shirataki et du konjac. Au-delà de l'alimentation, la farine de konjac sert aussi d'épaississant naturel dans l'industrie, sous le nom de gomme de konjac (additif E425).
Du tubercule à la farine : d'où vient le glucomannane ?
Le glucomannane de konjac n'existe pas sous forme libre dans la nature : il faut l'extraire du cormus. Après la récolte, les tubercules sont lavés, tranchés puis séchés pour donner des chips de konjac stables. Ces chips sont ensuite broyées, et la poudre est purifiée — par tamisage, lavages à l'alcool et séparation — afin d'éliminer l'amidon, les protéines et les autres composés. On obtient ainsi une farine de konjac raffinée, très concentrée en glucomannane.
Chimiquement, le glucomannane est un polysaccharide, c'est-à-dire une longue chaîne de sucres. Il est formé d'unités de mannose et de glucose (dans un rapport d'environ 1,6 pour 1) reliées entre elles, avec quelques groupements acétyle. Deux caractéristiques expliquent sa viscosité exceptionnelle : son très haut poids moléculaire — parmi les plus élevés des fibres alimentaires — et son énorme capacité de rétention d'eau. Au contact d'un liquide, il gonfle en absorbant plusieurs dizaines de fois son volume et forme un gel épais. C'est cette viscosité qui fait tout l'intérêt du konjac, aussi bien en cuisine, comme gélifiant, que dans son usage en complément alimentaire, où la fibre gonfle dans l'estomac.
Le konjac en complément : que dit la réglementation ?
Consommé comme complément, le glucomannane de konjac fait l'objet de deux allégations de santé autorisées dans l'Union européenne, inscrites au règlement (UE) n° 432/2012 après évaluation par l'EFSA :
- Poids : le glucomannane contribue à la perte de poids dans le cadre d'un régime hypocalorique, à raison d'au moins 3 g par jour, répartis en plusieurs prises avec de l'eau, avant les repas.
- Cholestérol : le glucomannane contribue au maintien d'une cholestérolémie normale, à raison de 4 g par jour.
Aucune autre allégation n'est autorisée : le konjac n'est ni un brûle-graisses ni un traitement, et ces effets ne s'observent que dans les conditions précises fixées par la réglementation. Pour approfondir les données, consultez notre synthèse des études sur le glucomannane et nos conseils pour bien prendre le glucomannane.
Sécurité : le glucomannane doit toujours être pris avec 1 à 2 grands verres d'eau, jamais à sec, car il gonfle rapidement au contact des liquides. Une prise sans eau suffisante expose à un risque d'étouffement ou d'obstruction de la gorge ou de l'œsophage. Il est déconseillé aux personnes ayant des difficultés à avaler et aux enfants. Ne dépassez pas la dose recommandée. Un complément ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée.
Questions fréquentes
Le konjac et le glucomannane, est-ce la même chose ?
Non. Le konjac est la plante (et son tubercule) ; le glucomannane est la fibre soluble que l'on extrait de ce tubercule. Le glucomannane est le principal constituant utile du konjac, mais celui-ci contient aussi de l'eau, de l'amidon et d'autres composés.
Pourquoi la farine de konjac est-elle aussi visqueuse ?
Parce que le glucomannane est une très longue molécule (un polysaccharide de haut poids moléculaire) capable de fixer une grande quantité d'eau. En gonflant, elle forme un gel épais. C'est l'une des fibres alimentaires les plus visqueuses connues, d'où son emploi comme épaississant (E425).
Amorphophallus konjac est-il la même plante que l'arum titan ?
Non, mais ils sont cousins : tous deux appartiennent au genre Amorphophallus. L'arum titan (Amorphophallus titanum) est une autre espèce, célèbre pour son immense fleur odorante, alors que le konjac est cultivé pour son tubercule comestible.
Le konnyaku et les shirataki font-ils grossir ?
Ce sont des aliments très pauvres en calories, car ils sont essentiellement constitués d'eau et de fibre non digestible. Ils sont d'ailleurs appréciés dans les régimes allégés. Leur apport énergétique reste toutefois à replacer dans l'ensemble du repas.
Où le konjac est-il cultivé aujourd'hui ?
Principalement en Chine, premier producteur mondial, ainsi qu'au Japon, en Corée et dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est. Le climat chaud et humide de ces régions convient bien à cette plante.
Le konjac est-il un légume ou une fibre ?
Les deux, en quelque sorte : son tubercule est un organe de réserve consommé comme aliment, tandis que le glucomannane qu'il renferme est classé parmi les fibres alimentaires solubles.
Sources
- Règlement (UE) n° 432/2012 — allégations de santé autorisées
- EFSA Journal — glucomannane et perte de poids (avis scientifique)
- ANSES — Compléments alimentaires : usages et risques
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif ; il ne constitue pas un avis médical. En cas de doute, de traitement en cours ou de problème de santé, demandez conseil à un professionnel de santé.